Ressusciter

Ressusciter

 

Un sujet tabou !

Le principe de la résurrection est dans bien des croyances  – judéo-chrétienne en particulier – une sorte de tabou incontournable. Tout l'intérêt, en vérité, réside dans ce que l'on entend réellement par "résurrection".

A bien y regarder, en effet, nous allons découvrir par recoupements divers, combien d'énormités d'interprétations se sont perpétuées au fil des siècles, et à quel point ce grand symbole est véritablement la base fondamentale de toute évolution.

 

Définitions et étymologies

D'après le Larousse : "ressusciter" vient du latin ressuscitare, qui signifie réveiller, ramener de la mort à la vie.

Au sens figuré, il veut dire : renouveler, faire revivre…

D'après le dictionnaire étymologique Picoche : résurrection renvoie au mot : "roi, d'une famille indo-européenne : reg = diriger en droite ligne… En latin : rex, régis : celui qui dirige, le roi…" Quant au verbe : ressusciter, Picoche le fait venir de : "citer : d'une famille indo-européenne : kei – ki : mouvoir…, avec les dérivés du latin : suscitare : "faire lever", et resuscitare : "réveiller", "faire revivre".

Voilà suffisamment d'éléments officiels pour éclairer notre lanterne d'une autre lumière.

 

Une grossière erreur d'interprétation

Ce qui concerne donc le principe de résurrection n'a effective­ment plus rien à voir avec la résurrection des morts, mais bien avec la notion de diriger en droite ligne, de mouvoir, de réveiller… (comme dit plus haut dans l'étymologie).

Le plus élémentaire bon sens nous montre que le verbe RE-SUSCITER indique bel et bien : susciter de nouveau, ou res-susciter : susciter une chose = Res (en latin). Aussi nous pouvons comprendre aisément que : LA RÉSURRECTION SE FAIT DE NOTRE VIVANT, PAR NOUS-MEMES.

Ce sont les fameuses "morts symboliques" tant décrites dans tous les enseignements initiatiques.

Qui plus est, les références notoires ne manquent pas, et Jésus, en particulier, insista lourdement sur ces mutations obligatoires dévolues aux humains pour gagner leur divinité future.

Voyons ce que dit Jean dans le Nouveau Testament :

« En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruits. » (XII-24

« En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. Nicodème lui dit : comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître. » (III de 3 à 5

Jésus lui répondit :

« En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d'eau et d'esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. » (III de 3 à 5

De même Matthieu ajoute (XXII 29 à 32) :

« Jésus leur répondit, vous êtes dans l'erreur, parce que vous ne comprenez ni les Ecritures, ni la puissance de Dieu. Car, à la résurrection, les hommes ne prendront point de femmes, ni les femmes de maris, mais ils seront comme les anges de Dieu dans le ciel. Pour ce qui est de la résurrection des morts, n'avez-vous pas lu ce que Dieu vous a dit : Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, et le Dieu de Jacob ? Dieu n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants. »

Cette dernière citation nous amène à deux aspects fondamentaux de la résurrection :La résurrection "finale"

« .comme les anges de Dieu. », après nos parcours d'incarnations successives, donc au 3ème stade de l'Androgynat, nous « serons (re-DEVENUS) comme les anges de Dieu dans le ciel », ce qui signifie que nous retrouverons notre état angélique par ré-incorporation de notre corps de gloire (qui était en "léthargie", dans cette attente). Ce phénomène est remarquablement décrit dans le livre d'André Bouguénec : "Couple et Alchimie, Révélation des Mystères de l'Homme", et plus spécifiquement pages 587 à 612 du chapitre intitulé : "La chute de l'Ange et les secrets de l'Alchimie angélo-humaine".

L'auteur dit notamment page 597 :

« Enfin le Tribunal Divin procéda donc à l'immobilisation de cette liberté par une sentence générale de la "Mort" des Anges. Peine "Capitale" car cette Mort importante avait un caractère de résurrection. En effet les beaux Corps des Révoltés, ces fameux "Corps de Gloire" furent endormis, mis en léthargie dans un lieu spécial et chacun en un tombeau particulier. Ils seront les futurs ressuscités quand leur "émanation" masculine et féminine séparée, qui "é-CHOU-a" sur la Matrice Terre de Re-Génération, redeviendra UNIE en Couple Marié définitivement.

C'est ce Couple accompli, présenté à leur antique Corps de Gloire Angélique, qui va le réveiller en s'y incorporant. A ce moment explosif, le Corps de Gloire devient : Le Corps Glorieux.»

Voilà le grand Devenir du Couple humain accompli évoqué d'ailleurs déjà en Genèse II-23 :

« Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair !»

Prenez votre Bible et constatez bien les deux Genèses différentes évoquées à quelques lignes d'intervalles et non sans raisons profondes. Bien évidemment puisque « cette fois », il s'agit de l'ACCOUPLEMENT final des deux parties angéliques de départ, "coupées" lors de la chute (l'une masculine, l'autre féminine). Ayant accomplies tout le parcours évolutif nécessaire par les différentes incarnations, d'abord sur terre, puis sur les planètes d'évolution (chacune des deux parties faisant son propre périple de son côté, donc à l'insu de l'autre) elles se retrouvent dans ce « moment explosif » si particulier puisqu'Unique et Ultime : c'est là le véritable coup de foudre ! Ainsi, la boucle est bouclée, l'Ange déchu redevient un Dieu androgyne qui évoluera sans fin pour son plus grand bonheur (et naturellement celui de Son Créateur !).

 

La résurrection des morts 

« Dieu n'est pas Dieu des morts mais des vivants. »

« Laissez les morts ensevelir leurs morts. » (Matthieu VIII-21

Est-ce clair ? Jésus a si souvent évoqué ces "tombeaux blanchis", ces "morts vivants" en parlant des humains "aveugles", qu'il est ahurissant qu'aujourd'hui encore cette confusion persiste. Le Christ, en effet, apportait à l'humanité les règles de LA RÉSURRECTION AVANT LA MORT afin que celle-ci ne devînt plus qu'un "passage". Tout doit nous faire comprendre le sens véritable de ce type de symbole. Le grain de blé, c'est l'humain, bien sûr :

« Et ce "grain" est conçu d'une "composition" divine plurielle. Vous devrez "mourir", c'est-à-dire "mûrir" par "dé-composition" des dons inactifs en vous et les exploiter pour le service de tous. Le blé ne peut se reproduire que par décomposition due à l'humidité, alors le germe apparaît et se développe. Le mot humain est de la même famille que : humus, humeur, humide, humilité. Or, c'est l'Eau du Baptême de l'Esprit qui peut faire mourir et mûrir le grain d'âme que le Créateur a semé en l'Humain. Mais ce grain a une autre origine… angélique, sa chute et son implantation en cette Terre lui donnent une particulière chance d'éclosion : celle de devenir un dieu !! » nous explique André Bouguénec dans son livre : "L'Autre Mystère de Marie" page 262.

D'ailleurs le mot "homme" vient d'une famille et d'une racine indo-européenne : "Ghyom" = terre, d'après le dictionnaire étymo­logique Picoche. C'est le "Glébeux" de la tradition, devant se modeler comme une pâte, de lui-même.

Autre recoupement : le verbe latin : morire (qui s'apparente à mourir et mûrir) signifie : faire de l'humus.

Décéder vient du latin : decedere : sortir de.

Cela ne nous rappelle-t-il pas le "mourir pour renaître" si souvent répété par Jésus, et repris par ses apôtres, comme en Matthieu IX-17 :

« On ne met pas non plus du vin nouveau dans de vieilles outres, autrement les outres se rompent, le vin se répand, et les outres seront perdues ; mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le vin et les outres se conservent. »

Il s'agit donc bien, là encore, des mutations successives que nous devons effectuer de notre vivant, bien entendu.

« Etre, c'est être différent progressivement vers le Bien. » affirme André Bouguénec. page 72 de son livre "Entretien avec l'Homme".

Et tous les enseignements "initiatiques" ne voulaient jamais rien signifier d'autre que cela : la formule traditionnelle des alchimistes V.I.T.R.I.O.L. (Visita Interiorem Terrae Rectificando Invenies Opera Lapidem = descends dans les entrailles de la Terre, en rectifiant tu trouveras la Pierre de l'œuvre) signifiait bien cette "inhumation" de l'ange en terre pour rénovations successives. C'est l'équivalent du fameux I.N.R.I., inscription latine aussi, sur la croix de Jésus : Igne Natura Renovatur Integra = c'est par le feu (l'épreuve) que la Nature (de l'Ange) se rénove pour sa réintégration.

Voilà qui responsabilise terriblement les Hommes et les met face à eux-mêmes, en acteurs de leur vie qu'ils doivent prendre en main. C'est tout le contraire d'un "attentisme" doucereux que les églises ont voulu faire croire aux fidèles, comme la Rédemption de nos pêchés, par exemple, par Celui que les "traîtres humains" avaient crucifié voilà 2000 ans alors qu'il répétait :

« Je ne puis de moi-même rien faire. »

 

Crucifixion ou cruci-fiction ?

Effectivement, Jésus fut bien crucifié sur une potence et non sur une croix. Ensuite, il ne mourut point ainsi, mais fut décrucifié par quelques fidèles pour être soigné. Notons qu'il n'eut pas les tibias brisés lors de sa crucifixion, contrairement à l'accoutumée, et que le soldat envoyé par Ponce Pilate lui transperça de sa flèche la plèvre au flanc droit ; cela explique l'écoulement blanchâtre qui s'en suivit, sauvant ainsi Jésus d'une mort certaine par étouffement puisque ce dernier souffrait d'une pneumonie – consécutive aux conditions pitoyables de vie qu'il fut obligé de mener pour assurer son ministère -.

Récupéré donc par les siens, il bénéficia de soins sommaires et put reprendre ses activités d'enseignement auprès de ses disciples. Cela dura quelques mois seulement, parce que son état de santé déplorable ainsi que tous les sévices subis finirent rapidement par l'achever définitivement. Sa mort intervint alors qu'il avait 49 ans (voir Jean VIII-57) :« Les juifs lui dirent : tu n'as pas encore cinquante ans, et tu as vu Abraham ?»

(NDL'A : pensez-vous que ces mêmes Juifs se soient trompés à 17 ans près en s'adressant à Jésus alors qu'ils le côtoyaient régulièrement ?!

Nombre d'auteurs sont d'accord sur le fait que le Christ n'est pas mort sur la croix. Jacques Duquesne, entre autre, l'expose fort bien sur le plan historique, dans son ouvrage "Jésus". Enfin, André Bouguénec nous révèle tous les détails et recoupements pour une parfaite compréhension de ce phénomène dans son livre : "l'Autre Mystère de Marie".

Il ajoute par ailleurs page 54 de son livre "Couple et Alchimie" :

« En ce qui concerne la dite résurrection de Jésus, il n'y eut pas de miracle au sens commun, sinon un phénomène d'apparition plus ou moins tangible fort bien connu non seulement en science métaphysique mais traditionnellement bien avant Jésus. Mais on peut dire que les circonstances arrangées de la réapparition du Messie permirent au symbole de la résurrection initiatique, depuis fort longtemps connu, enseigné et expérimenté dans les Temples ésotériques, de prendre figure exemplaire à partir de l'Homme Christ. Jésus, enlevé, soigné et réanimé par ses frères esséniens put re-SUSCITER Sa parole, par le répit de quelques mois, à ses disciples quelque peu décontenancés. Epuisé, Jésus Homme, quitta de sa belle mort ce monde pour celui d'où il était venu pour nous aider. »

 

Re-susciter

signifie bien : susciter encore et encore, sans fin pour une rénovation. "Mourir pour renaître" est la formule Christique pour mutations, métamorphoses successives par choix délibérés de l'humain, de son vivant bien sûr. La mort terrestre ne demeure ainsi qu'un passage pour un Ailleurs. Le grand symbole de la soi-disant mort de Jésus sur la croix, une fois rectifié et compris en Vérité, nous confirme les propres paroles contenues dans tout son Enseignement ainsi que les leçons à tirer de son Exemple Vivant.

 

 

Quelques recoupements cabalistiques

JESUS = 74 = CRUCIFIE… plutôt qu'un symbole de mort, voyons dans l'exemple de Jésus sur la croix (cf. : le signe multiplier) le véritable symbole de vie qui nous suggère de croître en valeurs de Cœur et d'Intelligence.

ailleurs, Jésus en tant que Verbe incarné et crucifié, dévoile que pour comprendre les arcanes du Verbe, il faut le croiser !

Le mot "re-SUSCITER" nous rappelle que, créé par DIEU = 39, L'ANGE = 39 devenu homme par la CHAIR = 39 doit de son vivant et dans les actes (donc "FAIRE" = 39) opérer une MUE = 39 pour re-SUSCITER, en toute conscience et librement sa grandeur angélique.

D'ailleurs, de l'ange en colère "ANGE IR" qui se révolta contre son Créateur, nous retrouvons bien le mot GRAINE = 54, qui symbolise l'HOMME = 54 en germination.

La formule alchimique VITRIOL délivre le message caché pour l'homme. Il ne peut constater sa richesse intérieure "L'OR I VIT" qu'en se faisant violence (TRI-VIOL = 3 fois violence) – (cf. : "le royaume des cieux appartient aux violents").

VITRIOL = 105 dévoile donc le cheminement que L'HOMME DIEU = 105 doit parcourir pour retrouver LA DIVINITE = 105.

 

Alain Coignac