Le coeur

Le cœur

 

Un sujet qui nous tient à cœur

Confusion des mots ? Ou simples compréhensions différentes à partir d'un même vocable ? C'est le propre des mots, parce qu'ils contiennent des idées, des concepts, des perceptions représentant autant de composantes pourtant harmonieuses. Les MOTs sont : MOT-eurs, comme le cœur, moteur de toute vie.

Le cœur, organe vital et essentiel par son rôle de pompe du sang dans le corps humain est aussi un grand symbole lié à de nombreuses interprétations, notamment : l'intelligence, les senti­ments, la volonté.

Il exprime aussi : le centre, l'essence, l'importance des choses.

L'origine de ce mot nous amène déjà à différentes aperceptions, sans parler de celles, plus évidentes, que nous connaissons bien de nos jours. Analysons cela de plus près. Etymologiquement (d'après le dictionnaire étymologique Picoche) :

"Cœur vient d'une racine indo-européenne : Kerd : cœur, représentée en grec par Kardia. En latin par : cor, cordis : cœur, siège de l'intelligence, des sentiments, de la volonté." L'organe

C'est l'organe central de l'individu. Il symbolise à la perfection le grand rythme de la vie, par sa systole et sa diastole. La contraction et l'extension figurent l'expression même de la vie, à savoir la résorption et l'expansion de l'Univers.

Poussant plus loin notre raisonnement, nous y découvrons d'autres grandes analogies : le premier témoin de la vie est le battement du cœur (ou des artères). C'est assez dire que le Cour, en tant que siège des sentiments, est primordial à toute vie.

Il comporte un double compartiment, droit et gauche, n'ayant aucune communication directe. Le sang veineux, "souillé", devant être régénéré, arrive à l'oreillette droite par les veines caves, puis passe dans le ventricule droit. Il ne se "lavera", ne s'oxygénera que grâce à son transit par l'appareil pulmonaire, rejetant par la même occasion ses "déchets", son gaz carbonique. Alors un nouveau "souffle" l'ennoblit pour qu'il revienne, côté gauche du cœur, en passant par l'oreillette puis le ventricule gauches. Enfin il repartira réalimenter tout le corps et tous les tissus par l'artère aorte en premier lieu. Voilà encore une grande dualité en analogie avec celle du bien et du mal en chacun de nous, que nous devons transformer, transmuter, sans cesse grâce à l'Esprit, le Souffle du cœur, dans nos choix incessants.

Autre aspect très représentatif, par sa fonction, le Cœur prend et rend inlassablement, stigmatisant par sa diastole et sa systole ce que chacun de nous doit exprimer, en analogie avec l'Univers : si nous prenons, absorbons, ingérons… nous devons rendre, redonner, répandre…

Victor Hugo le décrit d'une manière grandiose : « L'Esprit s'enrichit de ce qu'il reçoit, le Cœur s'enrichit de ce qu'il donne. »

Cela nous amène à une autre analogie :

Cœur = siège. siège des sentiments, de l'Esprit et de l'intelligence.

Cœur = sentiments et intelligence

Nous l'avons vu par l'étymologie, nous le retrouvons aussi par la tradition : l'occident fait du cœur le siège des sentiments, toutes les civilisations traditionnelles y localisent également l'intelligence et l'intuition. Michel Tardieu, dans "le Codex de Berlin" page 232, nous rappelle que : « Dans l'anthropologie sémitique, le cœur (kardia) est le siège des sentiments (kardia) aussi bien que celui de la pensée (noûs). »

Cette notion nous ramène au : Senti-Mental, décrit par André Bouguénec, en particulier dans son ouvrage "l'Autre Mystère de Marie". Cela signifie que toute véritable connaissance (CON-NAISSANCE = NAITRE AVEC) ne peut se concevoir que dans cette alliance harmonieuse du Cœur et de l'Esprit. Les Sentiments nobles du Cœur doivent obligatoirement imprégner toute COM-PREHENSION, toute perception, toute analyse. En effet, si primauté il y a, c'est bien celle du Cour. Saint-Exupéry nous l'affirme lors de la fameuse réplique du renard au Petit Prince : « On ne voit bien qu'avec le Cour, l'essentiel est invisible pour les yeux. »

Ce que confirme André Bouguénec (page 237 de "L'Autre Mystère de Marie"), rappelant les Lois dictées par Jésus :« Oui, d'abord, appliquez en vos êtres et en actions les leçons de Cœur du Fils de Dieu. » Cœur = Centre de tout = Dieu

Comme nous le stipulons dans l'introduction, le cœur évoque bien sûr l'organe, et tout autant le centre, l'essence ou l'importance des choses. Ne retrouve-t-on pas cette notion dans les expressions : "au cœur des choses" ou "en plein cœur" ?

Ainsi sous ce vocable de "Cœur" s'exprime également tout ce qui touche à l'aspect primordial, essentiel, fondamental, voire caché ou masqué de tout, nous conduisant tout droit à cette équivalence : CŒUR = CENTRE DE TOUT = DIEU.

Oui, dans toutes les religions, DIEU est bien au COUR de Tout ce qui EST.

Jésus ne disait-il pas :« Je suis l'Alpha ET l'Oméga" ou "Je suis le Commencement ET la fin de toute chose. » Ce n'est donc pas par hasard que nous retrouvons ces analogies : cœur, organe central, symbole de la primauté de la Vie, symbole d'échange, de dualité, d'esprit-matière, d'intelligence et de sentimentalité ; puis enfin de grand centre de Tout ce qui existe, nous amenant directement à DIEU. C'est le Royaume de Dieu par excellence ; ainsi cet organe rayonnant doit nous rendre plus beau, plus pur, plus noble, plus sain, meilleur en un mot. Voilà l'Alchimie de la Vie. La Tradition sous toutes ses formes nous l'imposait, en particulier par la psychostasie ou pesée des âmes (le cœur du défunt étant placé dans un plateau d'une balance), célèbre dans la théologie égyptienne. « Elle symbolise le jugement de Dieu, après la mort… La psychostasie signifie qu'aucun acte humain n'est indifférent au regard de Dieu. » (extrait du dictionnaire des symboles page 788, de Jean Chevalier et d'Alain Geerbrant).

Alors, devant ces évidences, et en toute conscience, sachons bien qu'en dernier recours, le langage de notre cœur demeure celui de la vérité.

Quelques recoupements cabalistiques

Nous avons parlé de l'organe noble que représente le cœur, noble parce qu'il contient ce qui est le plus pré-cieux (OR) en mémoire de ce que nous fûmes avant la chute sur terre (ANGE), d'où l'analogie : ORGANE – OR-ANGE.

son message d'Amour, Jésus se voulut Fils de l'Homme, donc terrien, incarné sur cette planète qu'il emplit de son Amour :

"JE SUIS LA TERRE" = 162 = 1- cœur (cœur = 62) 13 lettres, et 13 = M (aime) (cf. : 13ème lettre de l'alphabet).

Ainsi LE cœur = 79 doit toujours rayonner, et en premier lieu sur LA TERRE = 79 qui représente LA VIERGE = 79, à féconder de notre amour.

La Vierge s'assimile à MARIE dont l'anagramme est AIMER.

Une âme, c'est une ASME ou une AMES, puisque l'accent circonflexe représente un S dissimulé. Une AMES, c'est donc 2 AMES fondues en un seul souffle (asthme = spiritus).

C'est l'Homme devenu DEUX = 54 = EN UN donc ANDROGYNE.

MASCULIN – FEMININ = 162 (= 1. cour

AME = 19 (1+ 9 = 10 = l'Unité (1) du Tout (0). AME (A, c'est le principe masculin – E, le principe féminin) et M, "AIME" c'est l'amour qui les unit. A = 1 M = 13 et E = 5 (vous reconnaîtrez le 135 qui SIGNE L'UNITE = 135).

 

Alain Coignac