Marie

Marie

 

Mythe ou réalité ?

Faut-il vous rappeler que la croyance à la sainteté de Marie a fait sa première apparition sous la plume de Saint-Ambroise vers l'année 380 !

Depuis, dans tous les pays de confession catholique, ce culte pour Marie est devenu aussi important, voire plus que celui de Jésus. Dans quelle mesure ce mythe est-il aujourd'hui justifié ?

 

Marie comprenait-elle Son Fils ?

La petite Marie "de l'an 0" n'était guère le personnage idéalisé que l'on se représente aujourd'hui. A commencer par le Nouveau Testament qui ne relate aucun passage où l'on voit Jésus honorer sa mère pendant sa vie publique, bien au contraire. Lisons ainsi ce que dit Marc dans son évangile III-32 :« Voici que ta mère et tes frères sont là dehors, et te cherchent ; mais il répondit : "Qui est ma mère, et mes frères" ? Puis, jetant les yeux sur ceux qui étaient assis autour de lui, il dit : "Voilà ma mère et mes frères ! Quiconque fait la volonté de Dieu est mon frère, ou ma sour, ou ma mère".»

Jésus va jusqu'à renier sa mère et sa famille qui refusaient d'admettre sa mission divine ; et pour cause, elle le prenait pour un insensé :

« Quand ses proches l'eurent appris, ils vinrent pour s'emparer de lui ; car, disaient-ils, il a perdu l'esprit. » (Marc III-21) :

Fils et mère ne se comprenaient visiblement pas, et il ne fait aucun doute que Marie n'adhérait pas aux préceptes enseignés par Jésus, comme illustrés dans la citation de Luc XI-27 :

« Or il arriva que lorsqu'il parlait ainsi, une femme élevant la voix du milieu de la foule lui dit : "Heureux le sein qui t'a porté ! Et les mamelles que tu as sucées" ! Mais lui, dit : "Bien mieux, Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et LA METTENT EN PRATIQUE."»


Finalement Jésus souffrait très probablement de ce manque de communication et se sentait, en quelque sorte, "orphelin".

Ses propos rapportés dans Matthieu VIII-20 sont clairs :« Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l'Homme n'a pas où reposer sa tête. » Seule Marie-Madeleine comprit son désarroi, et lui apporta ce sentiment maternel que ne sut lui donner Marie.

 

Quelle fécondation ?

Dans le monde juif, où l'absence de fécondité pour une femme était considérée comme une malédiction, le thème de la naissance miraculeuse est largement répandu. La Bible impute à l'intervention de Dieu nombre de naissances chez les femmes stériles : Isaac pour Sara, Samuel pour Anne, Jean-Baptiste pour Elisabeth.

Quant à l'histoire de la Marie fécondée par l'Esprit, il s'agit bien entendu d'un mythe ! Jésus est né d'une conception tout à fait normale et vint au monde dans un lieu autre qu'une étable, ce qui n'enlève rien à sa divinité ! Bien au contraire, cela symbolise son véritable sacrifice d'avoir, en tant que Dieu, accepté d'assumer les conditions de l'incarnation humaine. Souvenez-vous lorsqu'il disait :

« Je suis le premier et le dernier… » (Apocalypse I-18).

Depuis, les hommes n'ont écouté que leur dévotion stérile et aveugle. L'histoire le montre, l'homme qui veut faire l'ange finit toujours par faire la "bête". Ainsi, la religion a fini par travestir la naissance de Celui qui se définissait, avant tout, comme : "LE FILS DE L'HOMME".

Si l'on prend comme référence l'exemple de la Mère Thérèsa, cela reviendrait à nier dans quelques années sa présence dans les bidonvilles de Calcutta, et finir, au fil des siècles, par broder une naissance particulière assortie d'une vie aussi doucereuse qu'aseptisée.

 

Les frères et sours de Jésus

Donc si Jésus est bien né comme n'importe quel être humain, il n'y a aucune raison pour qu'il n'ait pas eu, par la suite, des frères et sours.

(Matthieu XII-46) : « (…) la mère et les frères de Jésus étaient venus le trouver. »

(Luc VIII-19, 20) : « Pendant qu'il parlait encore, sa mère et ses frères étaient dehors. »

(II-7) : « Le temps où Marie devait accoucher arriva. Elle mit au monde son fils aîné. »

Certains théologiens rétorquèrent qu'en hébreu, les termes frère et cousin sont identiques, et que Jésus n'avait pas de frères et sours. Il oublièrent un peu trop rapidement que les évangiles ont été transmis en grec et non en hébreu !

 

Que représente en réalité la Mère de Jésus ?

Nous l'avons déjà dit, le Culte de Marie s'est développé parfois jusqu'à dépasser celui de Jésus. Phénomène curieux car, à l'époque rien ne la prédisposait à prendre cette place dans les ferveurs religieuses. (Le dogme de l'immaculée conception ne date d'ailleurs que de Février 1854, sous Pie IX dans la bulle "Ineffavilis Deus").

Depuis, des messages de cette "Vierge" ont bouleversé le mon­de en différents endroits : Fatima, Kibeho, Amsterdam, Kérizinen, Lourdes, Medjugorge… Elle apparaissait sous forme d'une Mère protectrice et rassurante.« Priez et repentez vous, je ne puis retenir plus longtemps le bras de mon fils…»

Ces messages, dont les plus troublants proviennent de Fatima, donnent un rôle bien particulier à cette Marie que l'on qualifia de "Mère de Dieu".

Mais ne vous imaginez pas que la dévotion à la Vierge-Mère date d'il y a 2000 ans. Depuis longtemps les hommes vénèrent des déesses représentant la Terre nourricière, en complémentarité avec le rôle inséminateur du soleil, pôle masculin de cette dualité de source de Vie. Effectivement, Marie représente cette maternité rassurante et bienveillante. On la voit en iconographie tenant un globe avec une croix à son sommet. C'est le symbole zodiacal de la Terre. Comme par hasard : LA VIERGE = 79 = LA TERRE. Ainsi, Marie, dans sa réalité divine, forme une entité assimilable à la matière nourricière. Le plus compréhensible à notre niveau est de l'associer à la planète, notre principale source de Vie. Ce n'est pas nouveau, depuis longtemps les traditions parlent d'une Mère Originelle. Mais qu'en est-il ?

Platon, dans le Timée, disait qu'il existait une substance première :

« La Mère du Monde, qui contient en elle la possibilité de toutes choses, sans être par elle-même aucune chose en particulier. »

Dans sa réalité, cette substance primordiale est l'élément subtil, éternel, remplissant l'espace et interpénétrant TOUS les autres éléments. C'est le substratum universel, support de toute manifestation, la Matrice de l'Univers, LA VIERGE MERE de toutes les formes et de tous les êtres. C'est l'aspect femelle du Principe Primordial, la potentialité et la passivité. Dans les traditions cabalistiques, Elle fut nommée : Noun, Karana éternel, Ain Soph Aur, Materia Prima. Cette Force Primordiale, au cours de sa manifestation, devient la VIE, puissance du Verbe divin manifesté, moteur de toutes choses existantes.

Comprenons que ce qui est UNI-VERS-EL (Dieu) est avant tout UNI-VERS-ELLE (cf. : le Big-Bang).

Saisissez à présent pourquoi Elle porte le qualificatif d'"Immaculée Conception", car elle est une MATiERe pure, sans tache. Cette MATER est la TRAME de toute Vie, Elle Est avant tout nécessairement de conception parfaite.

 

 

Quelques recoupements cabalistiques

Le premier symbole de MARIE est bien sûr la notion d'AIMER.

Elle mit au monde : "SON FILS" = 94 = "LE CHRIST".

Accouchant "A NAZARETH" = 94.

Elle devenait le grand symbole, par la légende, de L'IMMACULEE = 94.

Vénérée en France à LOURDES = 94 connue pour LA SOURCE = 94, découverte par BERNADETTE = 94 et devenue depuis, LA CLEF DE MARIE = 94.

94 est composé de NEUF = 46 (= MARIE), et QUATRE = 82 (= IMMACULEE), nous obtenons 46 + 82 = 128 = "MATER VIRGO".

 

Bruno Bossard