Le Graal

Le Graal

 

Légende ? Symbole ?

L'histoire relate que, lors de la crucifixion, Joseph d'Arimathie recueillit dans une coupe le sang mêlé d'eau qui s'écoulait du flanc droit du Christ.

Cette coupe devenue légendaire dans tout le monde chrétien, et à laquelle on attribue des pouvoirs magiques, est restée depuis lors introuvable. Laissons aux historiens le plaisir de cette recherche et intéressons-nous à sa véritable valeur symbolique. Avant même l'ère chrétienne, des coupes ou autres contenants à valeur mystique existaient déjà. Notamment le chaudron de Dagde, Dieu de la science chez les Celtes : « contenait non seulement la nourriture matérielle de tous les hommes, mais toutes les connaissances de tout ordre » (Dictionnaire des Symboles – Ed. Robert Laffont).

Il faut bien comprendre que le Graal est avant tout un contenant ; à chaque homme de l'emplir du "Sang" du Christ, pour le transformer en un contenant Divin.

« Dans le vase de Koridven, mijotait le gréal mixture des plantes, en rapport avec l'élixir de vie des Alchimistes. » (Le Testa­ment de Merlin – T. Briand

 

Qu'en est-il en réalité ?

En effet, toute légende dissimule une pièce du puzzle de la réalité permettant l'accomplissement de l'homme.

Lors de la Cène, Jésus remplit une coupe et, symboliquement, engage ses apôtres à s'abreuver de son Sang-Esprit. Par ce geste Jésus exprime précisément que son Enseignement doit nourrir l'âme pour la former et la transformer.

Lisons ce que dit André Bouguénec dans "Couple et Alchimie" :

« Tout sang a son être et tout être a son sang, mais pour être autrement il faut avec son sang LIER son être à du sang, mais à du Sang-Esprit. »

Il est vrai que dans nombre de Traditions, le sang est considéré comme le véhicule de l'âme. André Bouguénec poursuit :

« Tout l'Univers, identiquement, est un sang avec ses diverses métamorphoses globales, globulaires ou particulaires en structures organisées ou en devenir. L'humain, la Terre, l'Univers sont un corps diversifié dans leurs interactions. Un flux gigantesque parcourt tout cela, c'est l'Esprit. Sans aller plus loin vous comprenez l'incorporation, la communion, de ce SANG-ESPRIT, faisant une HOMO-GÉNÉ-ité totale, globale. » Revenons au Graal, cette COUPE, COUPÉ-e bien sûr, puisque demi-sphère. Ce demi Graal, même rempli du Sang-Esprit, c'est-à-dire initié au sens gnostique du terme, restera altéré de sa moitié. Comprenons-le bien, le Graal ce n'est rien d'autre que "L'AMES" en devenir de tout homme. "Ames" mentionnée avec un pluriel puisque l'avenir de toute âme est double.

 

La vraie quête du Graal

En effet, cette âme coupée est, à la naissance terrestre, vide de toute substance. C'est là, le double but de la quête du Graal suggérée dans la Genèse :

– tout d'abord la recherche de l'Amour Divin à travers la connaissance des mystères, que l'on pourrait rapprocher de l'Arbre de la Connaissance.

– Ensuite la recherche de l'Amour perdu de son Alter-Ego
– l'androgyne -, que l'on pourrait rapprocher de l'Arbre de Vie. Lors de sa révolte face à Dieu, l'androgyne fut séparé, coupé, puis mis "côtes à côtes". depuis, chaque coupe (homme-femme) se recherche continuellement dans le périple de ses incarnations (chair/sang). Forcément puisque les deux demi-graals – Ame-sour – sont deux AIMANTS (deux AMANTS) qui s'attirent : « …ils deviendront alors une seule chair ». Réciproquement assoiffé de "l'autre", l'homme et la femme devenus a-VIDEs sont naturellement poussés à trouver un ou plusieurs conjoint(s). Rares, cependant, sont ceux qui s'en trouvent désaltérées, et pour cause.

« Tu ne l'es point non plus (heureux) parce qu'en toi, un Graal fou est vide d'Amour, avide. En toi est une force, un feu, immense et puissant, dévorant et tendre qui ne peut se consumer faute, non seulement du conjoint idéal, mais de mille autres privations… » dit André Bouguénec (Couple & Alchimie – p. 68).

Heureusement, toute quête a sa "fin", et lorsque en-FIN les deux âmes s'unissent, s'accouplent, les deux Graals réintègrent leur statut originel ; ils sont alors une seule sphère, une Unité ; ils sont devenus un Dieu. Pour finir je vous invite à lire ce message de Jésus et vous comprendrez pourquoi, aux yeux de L'Eglise cet Evangile est devenu apocryphe :

« Lorsque vous ferez le deux Un et que vous ferez l'intérieur comme l'extérieur, l'extérieur comme l'intérieur, le haut comme le bas, lorsque vous ferez du Masculin et féminin un Unique, Afin que le masculin ne soit pas mâle et que le féminin ne soit pas femelle, lorsque vous aurez des yeux dans vos yeux, Une main dans votre main, et un pied dans votre pied, une icône dans votre icône, alors vous entrerez dans le Royaume ! » (L'Evangile de Thomas – Logion 22 – Ed. Albin Michel).

 

 

Quelques recoupements cabalistiques

L'ANGE = 39 fut "coupé" de son DIEU = 39 et de son autre moitié, il doit donc reconstituer sa Coupe, autrement dit, son GRAAL = 39.

"LE SANG" = 58 du Christ – autrement dit son Enseignement – doit être transformé en un contenant DIVIN = 58.

"AMES" est égal à 38 ; divisons 38 par 2 et nous obtenons 19 = AME. Elle perd son S et devient Solitaire, coupée de sa gémellité.

Une fois "COUPÉE" = 65, toute chose possède son "AUTRE" moitié, qui correspond pour l'homme à son Alter-Ego.

"GRAALS" = 58 = "LE SANG" dont l'anagramme est "L'ANGES". Les 2 COUPES du COUP-l-E se remplissent de leur sang, se mél-ANGE afin de retrouver leur statut originel, leur état angélique.

Toute "QUETE" = 68 ne peut donc se faire qu'avec "AMOUR" = 68. La quête du bonheur est alors le Sang de l'Amour.

 

Régis