La méditation

La méditation

 

Tout, absolument tout est sujet à méditation… Ah, vous dressez l'oreille ! Et vous pensez : pourquoi pas "réflexion", cela semble être la même chose lorsque la pensée s'affaire, concentrée sur un sujet, une idée, un problème ! Et puis c'est plus courant de réfléchir, alors que la méditation semble s'appliquer à un approfondissement plus réservé à l'être qu'aux choses.

Oui, vous pensez cela, mais avec un manque de précision bien définie. Ne vous étonnez pas, la langue française est appréciée par ses délicates nuances. On croit tenir un mot, et le voilà qui minaude comme une coquette dont la grâce mobile offre des figures charmantes sans doute, mais qui vous déconcertent dès que l'on veut lui fixer une identité précise.

A bien regarder on finit par saisir que ces caractères subtils et fluctuants des mots français ne sont pas si francs que cela ! Mais pourquoi, alors que je vous ai tant seriné que cette langue est particulièrement divine ?!

Justement, j'ai toujours dit que Dieu cache ce qu'il fait derrière des masques, des codes, des nombres, des faux-semblants, même derrière des mots et des définitions apparemment précis !

Ne voyez-vous pas que par son Verbe-langue Il ne souffle que de l'Esprit et en conséquence suscite votre esprit à se mobiliser dans une liberté créatrice, dans une "divination" clairvoyante des autres dimensions du langage et de la pensée. C'est cette liberté de saisir les nuances qui vous apprend inconsciemment à CONCEVOIR !

Cette richesse de sens divers incluse en tout mot a obligé les dictionnaires à étaler tout un éventail de significations rapprochées autour du mot classé alphabétiquement. Quantité de références le situent à des places si nombreuses de figuration pratique, que le lecteur se trouve parfois embarrassé par ce choix si copieux.

Liberté chérie ! C'est devant toutes ces subtilités de sens ou d'attributions que nous devons mobiliser une valeur de choix et par ce fait enrichir continuellement notre pensée exprimée par le mot juste !

Je semble m'égarer de la méditation… alors que je viens de vous inciter à méditer sur l'infinie profondeur de la pensée lorsqu'elle est exprimée à votre gré par l'immense coloration de la palette des mots qui communiquent l'émission de votre esprit.

J'ai parlé du phénomène des choix dans l'article sur "L'Inspiration", vous pouvez vous y reporter pour "méditer" sur le miracle du "souffle" qui va alimenter toute réflexion ou méditation. La devise du dictionnaire Larousse : "Je sème à tout vent !" est une formule visiblement imposée par le Verbe-Esprit. "A tout vent", désigne bien : à n'importe quelle tendance de l'esprit humain ! "LE VENT" = 78, c'est "L'HUMAIN" = 78. L'expression "c'est du vent", en parlant d'une écoute ou d'un texte sans valeur, exprime bien le "n'importe quoi" d'une substance inintelligente, non structurée sur des bases classiques ou reconnues.

Voyez le dessin de Larousse qu'entoure sa devise, c'est une femme, symbole de l'esprit, elle souffle sur la graine florescente que les enfants connaissent bien pour en avoir soufflé des quantités. Sa beauté, celle de cette graine, comme composée, de multiples plumes légères, nous a tous attiré le regard. Ce sont les fruits du pissenlit ou akènes surmontés par des aigrettes qui sont entraînés au moindre souffle et se dispersent partout ! Ainsi l'Humain "vole" au gré du moindre vent, de la moindre "inspiration" qui n'a pas été assez méditée, parce qu'elle vient de toutes les sources que j'ai décrites.

Les dictionnaires, sources considérables de "semences" du Verbe, offrent à toute "méditation" les innombrables choix de "réflexions". Et voilà, méditation et réflexion ! Peut-on séparer ces deux actions fondamentales de la pensée ? De plus, n'est-ce pas une introspection en soi, un examen de conscience, de notre esprit, d'un problème, etc…

Et voilà le français, avec ses nuances, ses subtiles ressemblances, sa … largeur d'esprit, comme s'il nous forçait à préciser nos idées par les mots ponctuels, exacts portraits de la conception exprimée ! Hélas, quelle ruse, quelle provocation, quelle incitation au capital de notre vocabulaire, car, que choisir de plus juste, et d'un seul mot définir l'absolu d'une idée pourtant classée et classique !

Vous voyez bien que les akènes volants de notre cerveau pissenlit nous emmènent à "tire-plume" vers d'obligatoires commentaires pour… préciser l'imprécision !! Tenez, même ce mot "précis" ou précision, vient de "couper" ! Alors, il faudrait savoir, doit-on allonger une définition pour préciser une idée, un mot, ou couper cette éventuelle rallonge pour être…précis ?!

Précisément, il faudrait comprendre pourquoi encore le Verbe-langue, surtout français, nous joue des tours…de Babel pour nous mettre en de telles confusions, et si fréquentes quand on veut y faire attention !

En tout cas il ne faut pas se plaindre que le menu soit trop copieux ! Supposez des mots précis attribués à des choses précises définitivement étiquetées, instantanément vous devenez tous une race de robots mécanisés, d'une "pensée étroite", si étroite qu'il en est fini de la liberté conceptrice de l'Homme, de sa sensibilité, de sa poésie, des ses rêves, etc… vous avez compris ! Et vous avez compris pourquoi la langue française est si appréciée des écrivains étrangers.

Ce n'est pas par hasard que Bernard Pivot a inauguré des "Championnats d'Orthographe", c'est que, comme l'a publié la Revue "Lire" récemment : "Ils se battent pour le Français ! En Roumanie, en Equateur, en Namibie, en Angleterre, en Chine ou au Québec, des professeurs, journalistes, étudiants…se font les hérauts de notre langue et de notre culture".

Les statistiques de ces championnats sont ahurissantes de constater la quantité de canditats étrangers et…champions !

Est-ce un sujet à méditer en considération de tout ce que j'ai écrit par ailleurs ? A vous de voir : Oui, il y'a de quoi méditer sur les fluctuations de la pensée, pas seulement française bien entendu, lorsque l'on recoupe dans St Jean 3 : 6 à 9 : "Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'Esprit est esprit. Ne t'étonne pas que je t'aie dit : Il faut que vous naissiez de nouveau. Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit ; mais tu ne sais d'où il vient, ni où il va. Il n'en est pas ainsi de tout homme qui est né de l'Esprit."

Ceci rappelle ce que Jésus répliqua violemment à Pierre : "Arrière de moi, Satan, car tes pensées ne viennent pas de Dieu ! Car tu penses comme les hommes." Marc 8 : 33. Voilà l'un des deux courants d'inspirations que l'Homme doit sélectionner : le Vent : qui vient des hommes, ou le Souffle qui vient de Dieu pour avoir des pensées divines, c'est à dire reçues et comprises en toute Vérité pour "naître de l'Esprit" et non de la chair.

De ce critère nous pouvons comprendre l'échec permanent des politiques, de la Société, des religions et des pseudo-initiations qui mêlent leurs opinions à leurs ambitions, les affublant souvent de divines expressions qui leurrent les gens sincères.

Alors qu'en est-il de la méditation spirituelle, religieuse, philosophique, morale ou psychologique ? Eh bien oui, il faut tout de suite ajouter à cette concentration de la pensée, du "moi", un autre mot, au moins, qui en éclaire un peu le cheminement. C'est une "introspection" dans l'être par lui même, en son "milieu", terme décrit par "médi". Cette "inspection intérieure" pouvant être celle d'un cas, d'un sujet quelconque. Mais comme nous le ressentons bien, la méditation exige, en plus "des pensées d'homme", les critères des "pensées divines" pour faire naître une nouvelle vision aux inconscientes pensées humaines qui ne tiennent pas compte que : Tout est centré sur l'Esprit Divin qui doit habiter l'Homme, afin "qu'il naisse de nouveau".

Examinons le mot méditer sous toutes ses formes, voire cabbalistiques. Du latin meditari, cet exercice s'adressait "aux exercices de l'esprit", Cicéron y joignait souvent le verbe cogitare, que les étudiants connaissent bien ! Les deux termes expriment le fait de "préparer, travailler, exercer". Mais en quoi ? Et bien le préfixe ME c'est le moi de l'homme, la syllabe DI c'est Dieu, la Lumière, dont l'Homme doit accompagner sa mèditation. MEDI signifie donc le milieu du moi en Dieu ou Dieu dans notre milieu. Mais pour une "MEDI-cation" de l'être, de la pensée. Quand au suffixe TER, qui exprime le trois, nous y retrouvons les trois éléments essentiels de la vision complète des choses pour : Matière, Esprit, Science. Les trois initiales sont les 3 lettres-mères de l'Hébreu et de l'alphabet français. Oui, l'Esprit est au milieu, car il allie la Matière à la Science, puisqu'il les incorpore. Mais dans ME-DI-TER ces trois éléments vitaux de la Co-Naissance se placent en Di-eu qui est le Milieu de toutes choses.

Mais l'Homme n'est-il pas in-TER-MEDI-aire entre Dieu et la Nature, afin de les comprendre, l'Esprit étant associé à la Création ! Ne doit-il pas découvrir que tout est pré-médité divinement pour exercer l'Humain à devenir un homme-dieu ? En effet, TOUT est à méditer dans l'ordre de la création puisque l'Homme en est une ; seulement, si la Nature-Matière-Matrice fut imposée selon des lois immuables, l'Humain doit découvrir librement les lois qui feront de lui une Nature divine pensante et accomplie.

En se libérant des vents soufflant des impulsions non contrôlées divinement, et en obéissant aux directives divines, il perd un liberté mortelle, ténébreuse et douloureuse,, mais conquiert sa liberté divine, il est devenu : "UN HOMME LIBRE" = 135.

N'empêche, un souffle d'introspection s'impose mécaniquement sur tous les êtres qui ressentent le besoin de se trouver. Alors apparaissent les gourous de la Méditation ! Et tous les gouroumaniaques de se précipiter vers ces videurs d'esprit !

La méditation chrétienne se nourrit de thèmes évangéliques, en espérant que cela soit un réel examen de conscience, c'est une bonne méthode. Mais hélas, que d'erreurs évangéliques vont se mêler à des principes valables ! Et puis, aucune méditation de ce genre ou autre, n'est suffisamment utile ou éclairante sans une réelle érudition des textes et des divers penseurs. Résultat ? On tombe dans du n'importe quoi. Il n'y a pas de méditation valable sans une remise en question de l'être dans tout son comportement social. Quant à attendre, en une concentration de nombril en la fameuse "Méditation transcendantale", des vérités ou révélations divines, les adeptes ne reçoivent que de la substance astrale ou des phénomènes qui n'ont rien à voir avec l'évolution naturelle exigée de Dieu, dans aucun de ces artifices, très commerciaux, il faut en convenir.

La méditation dite transcendantale, n'est surtout qu'une technique de méditation et de relaxation empruntée à l'hindouisme, et adaptée au monde moderne par Makaraski Manesch Yogi. Elle n'est inspirée par aucune doctrine religieuse.

Bah, les adeptes se figurent devenir transcendants, l'avenir vers leur vraie destination leur démontrera que le chemin est autrement actif ! Chercher le vide en soi ? Ce n'est pas le peine, c'est gens-là sont déja vide des vraies valeurs exigées…

La méditation chrétienne ne manque bas d'objectifs divers. Consciemment et délibérément le fidèle a recours à des images mentales. Il se remémore par exemple une parole ou une scène de l'Evangile sur lesquelles il réfléchit et cherche à approfondir, en fait pour soutenir sa foi, et l'appliquer s'il ne reste pas dans le domaine subjectif.

Une forme de cette méditation se complait dans la contemplation béate où le moi se rend plus passif et se libère de toute réflexion ou considération volontaire pour demeurer dans le silence face à Dieu. C'est contraire aux paroles du Christ, mais voilà, on se cherche une tranquillité à pas cher !

En vérité chacun trouve sa définition de la méditation selon son cœur, ses opinions, le mimétisme aussi qu'offre ces publicités médicamenteuses de l'âme.

En fait, et vous l'avez compris, méditer c'est mobiliser son intelligence, sa sensibilité, sa mémoire sur un sujet choisi. Si vous vous remettez en question, soyez surtout francs avec vous-même et n'hésitez pas à solliciter des conseils amis. Souvent les regards extérieurs vous connaissent mieux que vous-même.

Vivez au milieu de vous (MEDI), au milieu de votre prochain, au milieu de Dieu qui est votre centre et partout à la fois. Vivez surtout au milieu de l'Amour ! Si vous actualisez votre volonté : Bonne, vous n'aurez guère besoin de méditer. Et laissez "MEDIRE", mal dire, ceux qui ne veulent pas vivre le Milieu de la Vie.

 

André Bouguénec Le 4 Mai 1992