Islamisme

Islamisme

 

Nous sommes en 1989. Nous connaissons les drames de l'Islam. J'ai cru bon de faire part à mes lecteurs de cet article que j'avais écrit en 1954, il y a donc 35 ans, afin que la jeune génération ne commette l'erreur de ses aînés.
Formelle est la Loi de Dieu ou du cœur (car la Devise de France est "Fraternité") qui veut que l'on connaisse ceux que l'on doit Aimer, ceux avec qui l'on veut fraterniser, s'allier ou que l'on veut aider.

En Tout, en Tous, le premier acte de l'Amour qui se veut donner est de vouloir connaître l'objet de son désir, sinon les incompréhensions deviennent obstacles à tout accord ou bien même agressives.

Dieu S'étant manifesté "incomplétement",non sans raisons, à travers tous les inspirés humains prophètes ou Messies, il est de notre premier devoir de connaître les bases inspirées, essentielles des Croyances pour que, sur elles, s'exercent à bon escient notre volonté créatrice, notre Lumière, notre Humanisme.

A travers toutes les "Erreurs" que les hommes ne voulurent pas redresser, faute d'entendre l'Amour en eux, sachons découvrir les précieuses leçons des paradoxes, des aberrations, des mensonges, des utopies, des sophismes, des contresens, etc, aussi bien que des vérités inaperçues, car quel chrétien ne saurait désormais entendre là La Voix de Dieu par la froideur des cœurs, qui nous enseigne malgré Tout à travers les pires attitudes et manifestations humaines la confirmation de Son éternel Message, l'irréfutable et Unique Règle : "Aimez-vous les uns les autres" !

Et sur quoi s'exercerait notre faim Vitale de parfaire l'Etre en soi et en tous si nous n'avions aucune possibilité de remédier Lumineusement à un état d'existence intangible ? Sachant Qui a parlé et qui parle à travers tout ce qui nous parvient ce jour, sachant Qui existe à travers tout ce qui se meut, c'est folie de ne croire se nourrir que d'une foi rituélique. Qui ne sait que le pain accompagne toutes nourritures et que bien s'assimile le reste qu'en joignant sa mastication. Qui ne se souvient du symbole du Pain ET du Vin ! Car la croyance sans l'action du cœur est une vaine illusion qui va du laxisme au fanatisme. Selon la politique, l'Action est à nos frères musulmans d'Algérie. Le drame nord-africain nous força bien à les découvrir parmi nous. Si nous avons été mis ainsi brusquement en face de leur misère, combien ont fait l'effort de mieux les connaître pour mieux les aider ? Car connaître un homme, c'est déjà savoir où il en est de sa croyance en Dieu, quel rapport il y a entre sa religion et ses actes. Ayant fait cet effort humaniste, très vite alors nous saurons mieux l'associer à nos propres croyances et aux applications des mêmes principes du respect de l'Homme, quel que soit le Nom donné au Dieu Unique. Pour cela il est bon de connaître les éléments principaux de sa religion.

Afin que cette action soit plus sensible en les cœurs musulmans, nous avons voulu résumer ici l'essentiel de la religion de nos frères en puissance de Divin. Une alliance généreuse peut éviter des conséquences dramatiques surtout lorsque la religion ou la politique d'un peuple sont dogmatisées de préjugés idéalistes ancrés.

Musulman, ce mot vient de l'arabe Moslem ou Moslim, qui peut se traduire de plusieurs manières différentes, et cependant exactes, car il signifie, dévoué au service de Dieu, soumis à sa loi, celui que se confie en Dieu, celui qui est entré dans la voie du salut et de la paix ; mais dans l'acceptation commune il a maintenant la valeur de vrai croyant, et il est opposé à Kafir, et à Djabel, qui signifient incrédule et Infidèle.

Le pluriel arabe de Moslim est Moslimin, mais en persan on dit au pluriel Moslemân ou Musulman. C'est de là que fut inspiré le mot français Musulman. C'est le titre que prennent tous les sectateurs de Mahomet, qui taxent d'infidèles tous les autres peuples, idolâtres, juifs ou chrétiens. Ils sont très jaloux de ce titre, et ne souffrent pas qu'il soit porté par tout autre qu'un sectateur de leur croyance.

Par là déjà nous allons voir combien nous pouvons les reprendre sur leur propre infidélité à l'essentiel de leur loi.

Susceptibilité des croyances, comme les mots Moslem, Musulman, signifient " un fidèle" ou celui qui est dans la voie du salut, il s'ensuivait qu'un chrétien devait s'abstenir de donner cette qualification à un Mahométan, car, en le faisant, il semblait par là convenir qu'il était lui-même dans une voie fausse et erronée ; c'est pourquoi les chrétiens du Levant qui se respectent ne disent jamais à un Turc : "Vous êtes musulman, mais, vous êtes mahométan. Cependant cette dénomination ne tire plus à conséquence puisqu'elle est presque universellement reçue actuellement.

Mais quelle religion ne fut pas toujours "infidèle" à la commune loi inspirée à toute Religion ?! Après six siècles de faux christianisme, l'Amour n'étant pas né, vous comprenez Qui, par Mahomet, taxait tous les "croyants" d'incrédules, de faux-croyants et d'infidèles. C'était pour, tous, les inciter à prendre conscience que nul ne peut dire croire en Dieu sans vivre Sa Loi. Ce mouvement qui pouvait être salutaire dégénéra en violences ; L'expansion musulmane fut telle que le monde dit chrétien se crut menacé, alors qu'il lui suffisait de prouver PAR SON Amour envers l'envahisseur qu'il voulait enfin intégrer la voie du salut, les musulmans n'ayant eux-mêmes jamais voulu mériter leur qualificatif.

L'Islam ou Islamisme est le nom que Mahomet (Mohammed en arabe) a donné à sa religion. Le mot Islam signifie en arabe, résignation, soumission à la volonté de Dieu et aux lois prescrites par son apôtre. On peut encore entendre par Islam "la religion salutaire" car il vient des verbes salama ou aslama," entrer dans l'état du salut".

L'Islam propose à la croyance des fidèles six principaux articles :

1°) L'Unité de Dieu. La divinité ne peut être attribuée à d'autres qu'à lui seul ; il n'a point eu de commencement et il n'aura jamais de fin ; on ne peut le comparer ni l'assimiler à rien ; il n'a ni père, ni mère, ni épouse, ni fils ; il n'a aucune forme ; il est l'être pur par excellence et il n'éprouve aucun besoin.

2°) L'existence des anges. Ils sont les serviteurs de dieu ; ils sont innocents et exempts de péchés mortels et véniels ; ils rendent sans cesse gloire à Dieu ; ils ne négligent point de le faire un seul instant ; ils ne sont d'aucun sexe ; ils ne sont assujettis à aucun besoin de la vie, tel que le manger, le boire, le sommeil, le plaisir ; ils portent des ailes. Personne, Dieu excepté, ne connaît leur nombre ; il y a quatre anges principaux : l'ange Gabriel, messager de Dieu auprès des prophètes dont il est le gardien ; l'ange Michel qui prévient les besoins des créatures; l'ange Israfil destiné à ressusciter les morts au dernier jour, au son de sa trompette ; et l'ange Israïl qui préside à la destinée des êtres.

3°) Les livres inspirés. Il faut admettre qu'ils sont vrais et exacts ; qu'ils sont la parole de Dieu même ; qu'il est descendu du ciel quatre livres sacrés et cent livres dits Sahifa, dont 50 destinés à Seth, 30 à Edris ou Enoch, et 20 à Abraham ; que les quatre livres sacrés furent remis : la Loi à Moïse, les Psaumes à David, l'Evangile à Jésus-Christ, et le Coran à Mahomet ; que celui qui niera un seul de ces livres ou son contenu sera réputé infidèle.

4°) Les prophètes. Ils sont les serviteurs de Dieu ; ils furent exempts de tout péché ; ce qu'ils ont avancé est juste et vrai ; ils ont été envoyés de Dieu ; leur nombre n'est pas connu ; quelques-uns prétendent qu'il montait à 124 000 ; le premier fut Adam, et le dernier Mahomet. Ces 124 000 prophètes furent divisés en deux classes : 313 furent appelés Morsel et le reste Nabi. Les Morsels reçurent les messages de Dieu par l'entremise de l'ange Gabriel ; il n'en fut pas de même à l'égard des Nabis qui entendirent la Voix du Très-Haut soit pendant leur sommeil, soit en veillant. Les Morsels sont supérieurs aux Nabis, mais inférieurs aux possesseurs des livres sacrés des Sahifas et des codes de lois religieuses. De tous les prophètes Mahomet est le plus grand et le plus juste.

5°) La fin du monde. Elle aura lieu sans aucun doute ; le bien et le mal existent par la volonté de Dieu qui aime le bien et déteste le mal.

6°) La résurrection. Au premier coup de la trompette, toutes les créatures périront ; au second, elles ressusciteront ; les actions de chacune d'elles seront jugées : les justes jouiront éternellement du paradis, les méchants seront condamnés aux flammes éternelles.

Il y a cinq obligations religieuses pour le musulman : 1°) Se conformer à la profession de foi mentionnée ci-dessus. 2°) Observer la prière canonique cinq fois par jour, précédée de purifications légales. 3°) Pratiquer l'aumône ou donner la dîme légale. 4°) Observer le jeûne du mois de ramadhan. 5°) Faire le pélérinage à la maison sainte de la Mecque.

Le Coran, mot qui veut dire le livre, est le recueil des dogmes et des préceptes de cette religion ; il contient 114 chapitres (Sourates), 6666 versets et 30 sections ou cahiers. Un grand nombre de textes sont extraits plus ou moins littéralement de la Bible. Nous ne pouvons citer que les quelques préceptes essentiels que le bon musulman ne doit pas manquer d'observer :

"…Croire à la Providence par rapport à la répartition des biens et des maux ; témoigner qu'il n'y a qu'un Dieu ; ne point prêter à usure ; s'abstenir de vin (l'usage du vin, sous lequel sont comprises toutes les autres liqueurs qui enivrent, est défendu dans plus d'un endroit du Coran) ; ne point juger témérairement ; n'user d'aucune fraude envers son frère, soit devant, soit derrière lui ; ne point chasser ou répudier une femme chaste ; ne reprocher à personne ses défauts ; n'employer contre qui que ce soit les armes de la violence ou du ridicule ; ne point braver les châtiments de Dieu ; n'être ni médisant, ni calomniateur ; souffrir avec patience les maux dont on est affligé ; ne jamais désespérer de la miséricorde de Dieu ; reconnaître que tout ce qui nous arrive nous était destiné ; ne point provoquer la colère de Dieu par l'amour des créatures ; ne point préférer ce monde à la vie à venir ; ne point refuser par avarice à un frère ce qu'il demande; ne contracter aucune liaison avec Satan; renoncer à la vanité ; instruire sa famille et ses enfants de tout de qui peut leur servir auprès de Dieu ; faire du bien à ses voisins et se prêter à tous leurs besoins ; ne maudire aucune créature ; louer Dieu de tout son pouvoir ; faire à autrui ce que nous serions bien aise qu'il nous fît…etc… "

Comme en toutes les religions, on distingue en celle-ci une partie purement dogmatique et spéculative et l'autre pratique. Les mahométans appellent la première Imân, "la foi", et ils donnent à la seconde le nom de Din, "religion".

Il est un dogme fondamental de la religion musulmane que nous allons particulièrement exposer, parce qu'il a été mal compris par l'Occident et souvent par les islamites
eux-mêmes, c'est celui de la prédestination. On a attribué à son influence l'état d'immobilité dans lequel, malgré l'évolution générale, sont restées longtemps les nations qui pratiquent l'islamisme.

On a toujours voulu croire que la fatidique formule "c'était écrit" liait, dans le Coran, l'homme dépourvu de libre arbitre à un destin qui écartait toute tentative d'énergique indépendance ou d'individualisation ; l'actualité politique nous en offre un démenti formel (Ceci dit dans les années 50).

La loi religieuse a toujours envisagé les musulmans sous deux points de vue essentiellement différents et relatifs, l'un à l'état temporel, l'autre à l'état spirituel. Sous le premier rapport, l'homme qui s'acquitte avec exactitude de tous ses devoirs, qui accomplit toutes les prescriptions du culte et de la morale, est désigné sous le nom d'observateur de la loi ; celui qui néglige ses devoirs ou viole ses obligations est un prévaricateur. Sous le second rapport, l'homme qui a la foi, seule vertu nécessaire pour mériter le ciel, est qualifié du titre de saïd, qui veut dire heureux, élu pour le bonheur. Celui auquel il manque la foi est un Kafir, c'est à dire un réprouvé ou un infidèle. Et c'est sous ce dernier rapport seulement que la doctrine est applicable et que les hommes sont destinés de toute éternité à être au nombre des élus ou des réprouvés. Il n'y a pas plus de différence en ceci qu'en ce que nous enseigne Rome sur l'éternel destin, qui est écrit, de ceux qui ne se mettront pas en état d'être des élus, des Fils créateurs, pour rester, fatalement, ce qu'ils auront voulu être, et qui était écrit : " il y a plusieurs demeures dans la Maison de Mon Père… ".

Et c'est ainsi que pensaient les plus anciens imams, les docteurs les plus sérieux de l'Islam qui enseignaient que nier le libre arbitre et attribuer les actions de l'homme à la seule volonté divine, c'était pécher contre la religion. Dans toutes les circonstances de la vie, le musulman doit implorer les lumières du ciel par l'intercession du prophète et celles des bienheureux admis déjà aux récompenses de la vie future ; mais après avoir ainsi cherché à placer chaque action importante sous l'invocation du Très-Haut, il faut encore réfléchir, consulter ses propres lumières et appeler à son secours les règles de l'expérience ou de la raison.

Ce n'est qu'après avoir mis en œuvre les ressources de l'intelligence qu'on peut attribuer aux éternels décrets de la Providence les évènements quels qu'ils soient, et dès lors il faut s'y soumettre avec la plus complète résignation.

Telle est l'interprétation donnée par les premiers docteurs de l'Islam au dogme de la prédestination, et malgré leurs efforts, un préjugé toujours dominant a fait prévaloir auprès d'un grand nombre de musulmans, la croyance en l'inéluctable accomplissement de tous leurs gestes. On s'en tint au principe d'un destin immuable excluant les effets d'un libre arbitre, et dès lors la fatalité, introduite dans les événements publics comme dans la vie privée, a détruit l'énergie, éteint l'enthousiasme, déguisant sous le nom de résignation, l'engourdissement des peuples mahométans.

Il est plus facile de comprendre maintenant comment il faut aider ces hommes qui ressentent inconsciemment le violent Souffle de Libération qui les anime actuellement. Les éveillant à la Vérité de ce qui leur fut inspiré de Dieu en leur religion, ils voudront en savoir davantage pour la Vivre enfin, et en définitive ils sont obligés de voir alors que Celui qui éclaire leur Coran par nous est bien le Dieu de Mahomet.

Si la foi est la seule obligation spirituelle imposée au musulman, il doit encore se soumettre au culte extérieur, dont l'expression comme nous l'avons vu plus haut, consiste dans les cinq points fondamentaux. Mais le Législateur des Arabes a imposé d'autres obligations à ses sectateurs ; au premier rang la circoncision, qui n'est pas de précepte formel, mais d'obligation imitative, car on en dispense l'enfant trop faible ou mal conformé et l'infidèle qui embrasse l'islamisme dans un âge avancé.

Mahomet a donné une forme religieuse aux prescriptions hygiéniques, aux lois somptuaires ; et les détails de la vie usuelle, l'usage de certaines viandes, la proscription de certaines autres, la manière de les préparer, la coupe, l'étoffe des vêtements, l'autorisation ou la défense de certains amusements, sont prévus par le Coran :

" Il est interdit aux croyants de manger les animaux morts, le sang, la chair de porc, et tout ce qui a été tué sous l'invocation d'un autre nom que le nom de
Dieu ; mais il leur est permis de se nourrir de la chair de leurs troupeaux et des animaux tués à la chasse, pourvu qu'ils aient été placés sous l'invocation du Seigneur au moment où on leur a donné la mort ". … " Si l'on t'interroge sur le vin comme sur le jeu, a dit Mahomet, réponds que l'un et l'autre sont de grands péchés. Celui qui boit du vin est comme celui qui adore les idoles, et sachez que le vin, le jeu et les idoles sont des abominations suggérées par les artifices du démon. Abstenez-vous-en pour votre bien, pour votre salut… ".

Au contact des français les musulmans ont beaucoup perdu la stricte observance non seulement de leurs nourritures mais de leur foi dans le Coran, c'est à dire en Dieu. Il faudrait leur redonner un contact, et cette fois direct, avec leur Créateur à travers leur Coran. Il faut que, écoutant cette leçon, ils retrouvent les échos de son Origine.

Voici d'autre part ce qu'écrivait à Mostaganem en Juin 1950 le cheikh Hadj Adda Bentounés, président des Amis de l'Islam :

" C'est pour cela que nous les gens religieux, au lieu de nous réunir pour faire un front commun contre tel pays ou tel groupe; il vaudrait mieux nous réunir pour faire un front commun pour fortifier notre cœur. Lorsque nous serons bien fort en notre cœur purifié, le monde se guidera de lui-même derrière nous par le rayonnement de la fraternité qui liera les Chrétiens, Israélites, Bouddhistes et Musulmans. "

Cette force, cette volonté, cet esprit, si l'on arrive à les trouver vraiment, dès aujourd'hui déjà chez un petit nombre, elle sera l'étincelle qui enflamme les cœurs de ceux qui aspirent à cette chose. Semblable à une bougie allumée, elle allumera les autres bougies qui s'approcheront d'elle, et ainsi ensemble elles éclaireront le monde ".

" … En vérité, toute notre vie repose toujours d'après le cœur, c'est pour cela que tous les prophètes quels qu'ils soient : Abraham, Moïse, Bouddha, Jésus, Mohammed et Jésus bientôt (sic) sont et reviennent pour chercher seulement à soigner le cœur. Si parfois il nous a semblé qu'ils soignaient la matière de notre vie, c'était une façon plus sûre de nous toucher le cœur, parce qu'aussitôt que le cœur est en bon état toute notre existence est sauvée ".

– Cette citation de ce cheikh puriste démontre à quel point peut se dégrader l'âme d'une source religieuse détournée par des rituels et des dogmes qui masquent les obligations fondamentales et font d'une religion une politique de superstitions.

 

André Bouguenec